Jeudi, premier septembre 2011, journée pas comme les autres à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. Les rues étaient désertes, animées, lacrymogénées, pleines d’hommes en uniforme ou des milliers de manifestants de l’UDPS.
Sur l’avenue Tombalbaye après le siège du ministère de la communication et des médias, j’ai même été prise au dépourvu entre les policiers sur l’avenue des huileries qui faisaient face à des centaines de manifestants de l’opposition politique. Ils avaient en main :
- avec drapeau,
- calicots,
- caricatures
- photos de Sarkozy et Obama, les présidents français et américains symboles de la communauté internationale.
En face de moi, de l’autre coté de l’avenue Tombalbaye, environ 30 policiers venus en renfort. Après 20 minutes, silence de mort, calme plat.
Les compagnies de téléphones ont du faire du profit. A chaque fois qu’il fallait se déplacer dans la ville, il valait mieux appeler et prendre la température, plutôt bouillante pour la saison sèche.
L’UDPS, Union pour la Démocratie et le Progrès Social, l’un des partis les plus en vue de l’opposition congolaise, a organisé une marche dans différentes villes du pays. Ce parti politique exige un accès au serveur qui renferme le fichier électoral fraîchement révisé par la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI.
Les combattants de l’UDPS étaient entourés de beaucoup de partis de l’opposition congolaise dont ceux qui se sont regroupés dans la plate forme SET, Soutien à Etienne Tshisekedi. Tous mettent en doute le chiffre des 31 millions d’enrôlés rendu public par la CENI.
Quelles personnalités y étaient ?
- Le Président du parti politique Ecide, Martin Fayulu;
- Le leader du Fonus, Olonga Nkoy;
- le ténor de l’UDPS, Valentin Mubake;
- et naturellement le maintenant célèbre secrétaire Général au tempérament calmissime, Jaquemain Shabani.
D’abord encadrée, la manifestation a été réprimée dans plusieurs coins du centre ville dans la commune de la Gombe : devant l’alimentation Peloustore sur le Boulevard du 30 juin, devant la grande poste, vers l’hôtel de ville de Kinshasa et dans les alentours de l’Hôtel Memling.
Finalement, les manifestants se sont dispersés vers 16 heures, laissant des rues vides. Le mémorandum de l’opposition a tout de même été déposé à la CENI.
Dans l’émission Dialogue entre Congolais sur Radio Okapi, Jacques DJOLI, vice-président de la CENI, a affirmé que la loi prévoit que les listes électorales soient publiées 30 jours avant les élections, une réponse aux revendications de l’opposition. La Ceni a demandé à l’opposition et à la majorité présidentielle chacune de déléguer deux informaticiens. Ils travailleront avec le centre national de traitement pour auditer le fichier électoral.
Lors de la dernière manifestation de l’UDPS à la CENI, la répression avait causé un mort et de nombreux blessés tant du côté de la police que des manifestants. Du côté de la population les interrogations fusent. On craint que l’hécatombe du 22 mars 2007 ne se répète lors des élections 2011 en RD Congo.